lundi 18 novembre 2013

Antibiotiques : Touraine veut faire la guerre à la surconsommation

Marisol Touraine veut faire la guerre à la surconsommation d'antibiotiques qui favorise les phénomènes de résistance. La ministre a annoncé le développement de tests de diagnostic pour déterminer si une maladie est d'origine bactérienne ou bien virale, ce qui permet de justifier ou non la prescription d'antibiotiques.

Prescription d'antibiotiques à l'unité, tests rapides pour savoir s'ils sont vraiment justifiés, la ministre de la Santé veut faire la guerre à la surconsommation d'antibiotiques. Le but : éviter les phénomènes de résistance. "La question de la résistance aux antibiotiques est un sujet majeur (...), il y a urgence car ce progrès majeur du 20e siècle (la mise au point des antibiotiques, ndlr) est susceptible d'être remis en cause", a déclaré lundi Marisol Touraine lors d'une conférence de presse organisée avec le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.
S'exprimant à l'occasion d'une journée européenne de sensibilisation au bon usage des antibiotiques, la ministre a annoncé son intention de "développer les tests rapides de diagnostic" qui permettent de déterminer si une maladie est d'origine bactérienne ou bien virale, ce qui permet de justifier ou non la prescription d'antibiotiques. Le but d'une généralisation de ces "tests rapides d'orientation diagnostique (Trod)" est de "parvenir à une réduction importante des prescriptions inappropriées d'antibiotiques", comme par exemple pour des angines d'origine virale.
Vente de médicaments à l'unité
La ministre a rappelé que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2014 prévoit l'expérimentation avec des pharmaciens volontaires de la délivrance de médicaments à l'unité. Elle a aussi annoncé son intention de proposer au niveau européen un "statut particulier pour les antibiotiques" qui s'inspirerait de l'actuel statut des médicaments orphelins. Le but d'une telle mesure serait de favoriser le maintien sur le marché des "vieux antibiotiques" dont la découverte est ancienne et qui s'avèrent peu rentables pour les firmes pharmaceutiques. L'objectif serait aussi d'inciter au développement de nouveaux produits.
La responsable a également annoncé le lancement d'une campagne sur internet à destination du grand public et des professionnels par l'assurance maladie, après la fameuse campagne "les antibiotiques c'est pas automatique", lancée en 2002, qui avait eu un "impact réel".
La consommation d'antibiotiques en France tend à ralentir mais reste encore 30 % supérieure à la moyenne européenne et le pays reste le troisième plus gros consommateur européen de cette classe de médicament, selon des chiffres cités par Mme Touraine.
 

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