Virgin
n'aura pas résisté bien longtemps à l'effondrement du marché du disque. Les
magasins de la marque, qui emploient 1.000 salariés en France, vont se déclarer
en cessation de paiement, a annoncé vendredi une porte-parole de la direction,
confirmant une information de France Inter.
La direction de Virgin Stores a convoqué lundi 7 janvier un
comité d'entreprise extraordinaire "dont l'objet va porter sur le projet de
déclaration de cessation de paiement de l'entreprise", a précisé la
porte-parole de cette société, contrôlée par Butler Capital Partners.
Une dette de 22 millions d'euros
Selon France Inter, le
groupe aurait accumulé une dette de 22 millions d'euros. Les magasins Virgin
sont en retard de paiement de ses factures et de ses cotisations sociales, peine
à payer ses fournisseurs et ses loyers. Le 19 décembre dernier, un projet de
résiliation de l'emblématique Virgin Méga Store des Champs-Elysées avait
été présenté par la direction, suscitant la colère des
salariés.
La direction envisage, selon France Inter, de profiter de la
cessation de paiement pour installer de nouveaux types de magasins : petits,
avec moins d'employés et des bornes de paiement numériques, comme il en existe
déjà dans certains supermarchés.
Les syndicats appellent à se mobiliser
Mais les syndicats restent sceptiques, estimant qu'aucun plan
de redressement de d'investissement n'est prévu. Dans un communiqué,
l'intersyndicale (CFTC, CFE-CGC, CGT, FO et SUD) appelle à "un grand élan de
tous les salariés" et annonce un rassemblement le 9 janvier devant le magasin
des Champs Elysées à Paris, dont le bail est en voie d'être résilié.
Les syndicats du groupe, qui compte quelque 1.000 salariés,
soulignent que le Comité d'entreprise (CE) est convoqué lundi "pour évoquer une
question cruciale": "une déclaration de cessation de paiements et le placement
de Virgin Megastore en redressement judiciaire".
Ils estiment que "trop de questions sont encore en suspens" et
affirment que "le principal responsable de la situation est Butler,
actionnaire majoritaire de Virgin depuis 2008", jugeant que c'est à lui de
"payer l'addition". "On est assez combatifs. On ne va pas se laisser faire", a
déclaré à l'AFP Jean Damien (SUD), précisant que les syndicats avaient "de
fortes présomptions" quant à une telle annonce car "quand une entreprise dit
que ça va mal et ne présente pas de PSE (ndlr : plan de sauvegarde de
l'emploi), ça veut dire qu'ils veulent nous enfumer".
"On s'y attendait à
moitié"
"Vu l'état des comptes, on s'y attendait à moitié", a renchéri
Loïc Delacourt, élu CFE-CGC au CE, relevant que la situation de l'entreprise
était notamment liée à la conjoncture économique qui nuit à l'achat de produits
culturels, mais également un manque de moyens alloués par les actionnaires à
une "stratégie offensive pour trouver de nouveaux marchés".
Interrogé sur ce dossier sur France Inter, le secrétaire
général de la CFDT, Laurent Berger y a vu la démonstration "que tous les
secteurs sont confrontés à un moment donné à des difficultés économiques". Mais
il a aussi pointé le fait que "Virgin n'a pas fait les virages qu'il fallait à
un moment donné en terme de stratégie économique". La chaîne de magasins, issue
de l'empire Virgin du milliardaire britannique Richard Branson mais cédée en
2001 à Lagardère, qui en détient aujourd'hui 20%, contre 74% contrôlés par
Butler Capital, a déjà enchaîné les fermetures de magasins, les effectifs
fondant de 200 salariés ces deux dernières années.
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