Le lundi 16 janvier, une plateforme pétrolière a explosé au large des côtes du Nigeria. Grâce à l'action de Bruno Marce, chef des opérations et de la sécurité, 152 hommes ont pu être sauvés. Mais ce Boulonnais de 49 ans et un de ses collègues sont portés disparus. ...
« Il disait toujours qu'un capitaine n'abandonne jamais son navire, raconte Irène, l'épouse de Bruno Marce. Je suis très fière de lui car il a assumé ses responsabilités. Mais hélas au détriment de sa vie même si j'espère encore un miracle. » L'homme qui partageait sa vie entre les plateformes pétrolières et Boulogne-sur-Mer allait fêter ses 50 ans en mars. Il travaillait dans ce domaine depuis vingt-cinq ans et de Dubaï à Singapour, du Kazakhstan à l'Afrique, « il était très apprécié de ses différents employeurs ».
« Il a lancé le SOS »
En 2009, il est devenu chef des opérations sur une plateforme de la compagnie américaine Chevron basée à une dizaine de kilomètres au large du Nigeria au-dessus d'un gisement de gaz naturel. Le lundi 16 janvier, à 4 heures « il y a eu une fuite de gaz suite à une pression trop forte, explique Irène Marce. Mon mari a essayé de contenir le gaz mais n'a pas réussi. Il a alors pris la décision de faire évacuer la plateforme. » Cent quarante-neuf employés quittent cette structure posée sur un haut-fond, cinq restent à bord pour tenter d'éviter la catastrophe. « Avec son collègue indien Albert Devadas, Bruno est allé lancer un SOS. Ensuite, alors qu'ils se dirigeaient vers le bateau de sauvetage, l'explosion s'est produite. » Trois hommes ont été projetés dans l'eau et ont eu la vie sauve. Malheureusement, on reste sans nouvelles de Bruno et de son collègue indien. « Chevron a engagé des moyens pour tenter de les retrouver mais le mercredi, ils ont arrêté les recherches car il y avait trop de dégâts », précise Irène Marce. Après avoir brûlé plusieurs jours, il ne reste aujourd'hui plus rien de la plateforme KS Endeavor. L'épouse de Bruno sait qu'il faisait un métier dangereux. « On a déjà assisté à deux enterrements de ses collègues morts au travail, souligne-t-elle. Cependant, ils sont formés tous les ans et entraînés pour réagir vite. »Du matériel défectueux
Bruno Marce était passionné par son métier et en parlait beaucoup. « Plusieurs jours avant l'explosion, j'ai appris qu'il y avait du matériel défectueux », s'inquiète Irène Marce qui attend les conclusions de l'enquête qui va être menée. Elle trouve du réconfort dans les témoignages des collègues de travail de son mari. « Ils disent que c'est grâce à lui qu'ils sont tous en vie car il a fait tout le nécessaire. » Un comportement héroïque, probablement fatal, que l'on ne peut s'empêcher d'opposer à celui du commandant d'un certain Costa Concordia.http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2012/02/03/article_un-boulonnais-au-comportement-heroique-p.shtml
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