Il y a un an, le président de la SNCF Guillaume Pepy avait reconnu les responsabilités de la SNCF en cédant comme lieu de mémoire à la ville de Bobigny un terrain de la gare d'où sont partis plus de 20.000 juifs vers les camps de la mort en 1943 et 1944. Vendredi, l'entreprise a franchi une nouvelle étape dans sa politique de transparence sur la déportation des juifs. La société a annoncé qu'elle venait de déposer une copie de la totalité de ses archives numérisées de la période 1939-1945 dans trois centres de recherches et de témoignages sur la Shoah, leMémorial de la Shoah à Paris, le centre Yad Vashem à Jérusalem et à l'Holocaust Museum à Washington, entre décembre 2011 et janvier 2012.
Interrogé par l'AFP, l'historien André Kaspi, spécialisé de la Seconde guerre mondiale, a salué cette démarche "importante" de la SNCF : pour un historien "tout accès aux archives permet d'écrire une histoire conforme à la réalité". "La SNCF est accusée - à tort sans doute - d'avoir participé à la Shoah", a dit André Kaspi qui s'est interrogé : "La SNCF était-elle suffisamment libre pour dire non aux Allemands et avait-elle les moyens de s'opposer à leurs demandes?"
Réquisitionnée par l'Etat français de Vichy à la demande des autorités d'occupation allemandes, la SNCF a transporté 76.000 juifs de France dans des wagons de marchandises à travers le pays et vers les camps d'extermination entre 1942 et 1944. C'est en 2011, rappelle l'entreprise publique dans son communiqué, que la SNCF avait numérisé la totalité des documents d'archives sur la période1939-1945, "une période clé dans l'histoire et l'identité de la SNCF". "Tous les documents historiques ont été saisis et numérisés. Aucun tri n'a été effectué, pour garantir un accès à la totalité des documents de la période", assure la SNCF. "Par cette politique d'ouverture et de facilitation de l'accès", la SNCF entend ainsi "renforcer sa démarche de transparence sur le passé de l'entreprise".
Réquisitionnée par l'Etat français de Vichy à la demande des autorités d'occupation allemandes, la SNCF a transporté 76.000 juifs de France dans des wagons de marchandises à travers le pays et vers les camps d'extermination entre 1942 et 1944. C'est en 2011, rappelle l'entreprise publique dans son communiqué, que la SNCF avait numérisé la totalité des documents d'archives sur la période1939-1945, "une période clé dans l'histoire et l'identité de la SNCF". "Tous les documents historiques ont été saisis et numérisés. Aucun tri n'a été effectué, pour garantir un accès à la totalité des documents de la période", assure la SNCF. "Par cette politique d'ouverture et de facilitation de l'accès", la SNCF entend ainsi "renforcer sa démarche de transparence sur le passé de l'entreprise".
"Un rouage de la machine nazie d'extermination"
Lors de la cérémonie du 25 janvier 2011 de transformation en lieu de mémoire de l'ancienne gare de Bobigny, Simone Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, déportée avec sa famille à Auschwitz-Birkenau en 1944, avait dit au président de la SNCF: "Je vous fais confiance, pour qu'on sache ce qui s'est passé". Guillaume Pepy venait d'évoquer les responsabilités de l'entreprise, qui, bien que "contrainte, réquisitionnée", fut "un rouage de la machine nazie d'extermination".
Arno Klarsfeld, avocat de familles de déportés au procès de Maurice Papon, avait affirmé le lendemain que "la SNCF n'est pas responsable des déportations car elle avait été réquisitionnée par les préfets pour les transports à l'intérieur de la France et qu'elle se trouvait ensuite sous l'autorité de la Reichsbahn" (chemins de fer du Reich).
Lors de la cérémonie du 25 janvier 2011 de transformation en lieu de mémoire de l'ancienne gare de Bobigny, Simone Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, déportée avec sa famille à Auschwitz-Birkenau en 1944, avait dit au président de la SNCF: "Je vous fais confiance, pour qu'on sache ce qui s'est passé". Guillaume Pepy venait d'évoquer les responsabilités de l'entreprise, qui, bien que "contrainte, réquisitionnée", fut "un rouage de la machine nazie d'extermination".
Arno Klarsfeld, avocat de familles de déportés au procès de Maurice Papon, avait affirmé le lendemain que "la SNCF n'est pas responsable des déportations car elle avait été réquisitionnée par les préfets pour les transports à l'intérieur de la France et qu'elle se trouvait ensuite sous l'autorité de la Reichsbahn" (chemins de fer du Reich).
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