dimanche 12 février 2012

Guéant, boudé par les élus martiniquais, se justifie

L'arrivée du ministre de l'Intérieur à Fort-de-France, samedi dans la soirée, n'a pas déplacé les foules. Tout au plus une cinquantaine de manifestants s'étaient-ils rassemblés pour protester contre sa venue ; encore avaient-ils été cantonnés sur le rond-point d'entrée de l'aéroport Aimé-Césaire. De ce petit rassemblement émergeaient des pancartes où l'on pouvait lire "les civilisations se valent, c'est le racisme qui ne vaut rien", "raciste dehors, Guéant dégage", en référence à la récente polémique suscitée par les propos du ministre sur une inégalité supposée des civilisations. Mais la visite aux Antilles de Claude Guéant a surtout démarré par un refus de la plupart des élus de le rencontrer, et ce, pour le même motif.
Si le ministre a pu voir dès samedi soir, à huis clos et de manière informelle, sept élus et responsables locaux UMP, les élus de gauche ont tous décliné son invitation, Serge Letchimy en tête. Le député du Parti progressiste martiniquais (apparenté PS) et président de la région Martinique a suscité un tollé mardi dernier à l'Assemblée nationale en évoquant, à propos des déclarations de Claude Guéant sur la hiérarchie des civilisations, les camps de concentration et le régime nazi.
"C'est leur affaire"
Claude Guéant a regretté que les élus aient "failli à la tradition de courtoisie républicaine" d'accueil d'un ministre de la République tout en ajoutant : "c'est leur affaire". Interrogé sur l'émoi qu'ont suscité ses déclarations, il a affirmé que si les Antillais avaient pu être "blessés, c'est parce que mes propos ont été déformés et manipulés". Et d'ajouter : "Certains aiment bien manipuler les choses, aiment bien faire de la politique", en insistant sur le fait que "ce que j'ai dit ne peut en aucune façon blesser quiconque".
"On a voulu interpréter le terme de civilisation pour laisser entendre que j'avalisais la totalité de notre histoire", a dénoncé le ministre de l'Intérieur. "Je sais bien que les Antillais ont dans leur mémoire collective la douleur de l'esclavage, et cette douleur, la France la comprend. La France a condamné de façon extrêmement claire l'esclavage, cela fait partie d'un passé qui nous fait honte", a-t-il martelé.

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