Premier élément d'explication : les cours internationaux du brut, sans atteindre des records historiques, restent à des niveaux très élevés. A New York, ils flirtent avec la barre des cent dollars le baril. A Londres, sur l'Intercontinental Exchange, le baril de Brent reste au-dessus des 110 dollars, après s'être hissé jusqu'à plus de 115 dollars. La demande mondiale est importante, dopée par la consommation asiatique : la Chine a augmenté ses importations de pétrole saoudien de plus de 32% en novembre dernier par rapport au même mois de 2010, et de 76% ses importations de pétrole russe. Et deux grands motifs d'inquiétude sur l'approvisionnement de brut maintiennent les cours à des niveaux élevés : les tensions entre les Occidentaux et l'Iran et la crise au Nigeria.
Iran, Nigeria, et faiblesse de l'euro
Cette semaine, l'Iran a annoncé le démarrage de son second site d'enrichissement d'uranium à Fordo. Une annonce condamnée par les Occidentaux qui craignent que le programme nucléaire civil de Téhéran ne cache un volet militaire, malgré les dénégations iraniennes, et veulent renforcer les sanctions contre Téhéran... notamment en visant ses exportations pétrolières. En réponse, l'Iran a menacé de fermer le détroit d'Ormuz par lequel transitent 35% du pétrole brut transporté par voie maritime dans le monde.
Depuis, l'Iran s'est déclaré prêt à reprendre les négociations nucléaires avec les 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) après un an d'interruption. Mais les investisseurs restent par ailleurs préoccupés par les développements au Nigeria, confronté à des violences religieuses et à des manifestations contre la hausse des carburants. Le Nigeria est le plus gros producteur de brut d'Afrique devant l'Angola avec près de 2,4 millions de barils par jour. Les syndicats du pétrole y ont menacé jeudi d'arrêter la production à partir de dimanche, en soutien à la grève générale contre la hausse des prix des carburants qui paralyse le pays depuis le début de la semaine. Les représentants des syndicats ont rencontré le président Goodluck Jonathan et plusieurs responsables gouvernementaux, mais les négociations ont été suspendues et reprendront samedi.
Demande soutenue, tensions internationales : voilà un cocktail qui affole facilement les marchés. Pourtant, on est encore loin des records de 2008 ou 2011, avec un baril de brut se négociant à plus de 120 dollars le baril. Mais en ce qui concerne la zone européenne, cette hausse est aggravée par la faiblesse du cours de l'euro. Ainsi, en avril 2011, quand le cours du brut était à 123 dollars le baril, il revenait à 85 euros. Aujourd'hui, avec un euro à 1,27 dollars, le baril de pétrole brut coûte plus de 80 euros, et celui du Brent de la mer du Nord plus de 88 euros. Autant dire que la flambée des prix à la pompe ne va pas s'enrayer.
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