vendredi 14 octobre 2011

Soupçon de proxénétisme au Carlton de Lille : déjà quatre mises en examen

Des prostituées, un hôtel de luxe, un ténor du barreau, quelques policiers... Le casting s'annonce parfait pour un bon polar, sauf que la scène se joue en vrai, dans les coulisses du prestigieux hôtel Carlton, à Lille. En quelques jours, quatre personnes suspectées de proxénétisme ont été mis en examen par la justice lilloise. Le propriétaire, le directeur-manageur et le chargé des relations publiques du Carlton de Lille, soupçonnés de proxénétisme aggravé en bande organisée, ont été mis en examen et écroués. Jeudi soir, c'était au tour du célèbre avocat Emmanuel Riglaire d'être mis en examen pour "proxénétisme aggravé en bande organisée" et "association de malfaiteurs", avant d'être remis en liberté sous contrôle judiciaire.
A sa sortie du tribunal, jeudi soir, l'avocat s'est écrié : "Merci d'être là, je vous jure que je ne suis pas un proxénète", en s'écroulant dans les bras de ses collaborateurs, selon des journalistes sur place. Figure du barreau lillois, Emmanuel Riglaire, âgé d'une quarantaine d'années, a notamment plaidé pour la famille du petit Enis, enlevé par le pédophile Francis Evrard, et pour la famille de Natacha Mougel, une joggeuse violée et tuée à Marcq-en-Baroeul en 2010. Un cinquième homme, également en garde à vue dans le cadre de cette affaire depuis mardi, doit être déféré vendredi devant les magistrats instructeurs. Des policiers, la plupart à la retraite, seraient également dans le collimateur des enquêteurs. Plusieurs auraient été entendus en début de semaine.

Des liens avec des bars en Belgique
Le directeur-manageur et le chargé des relations publiques du Carlton sont notamment soupçonnés d'avoir proposé les services de prostituées au sein de leur hôtel. Ils avaient été interpellés le 4 octobre dans le cadre d'une information ouverte en mars par le parquet de Lille pour des faits de proxénétisme aggravé en bande organisée, association de malfaiteurs et blanchiment. Selon des sources proches du dossier, le directeur des relations publiques du Carlton est une personnalité bien connue dans le monde de la nuit lillois "avec beaucoup d'entregent". "Des liens avec des personnes gérant plusieurs établissements de prostitution et bars en Belgique ont également été mis en évidence" dans le cadre de cette enquête, avait indiqué vendredi le parquet de Lille.

La police de Courtrai (Belgique) avait interpellé le 1er octobre quatre personnes, qui ont été mises en examen et écrouées pour des faits de proxénétisme, dont un certain "Dodo la saumure", connu pour ses activités dans le milieu. Figurerait également un chef d'entreprise français, notamment propriétaire de salons de massage en Belgique. Le parquet de Courtrai avait déjà confirmé l'existence d'"un lien probable" avec l'affaire lilloise, sans vouloir en préciser la nature.

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