"J'ai été étonné, notamment au regard de la rapidité de l'acquisition et au non-respect de la procédure d'appel d'offres", a indiqué le directeur technique et commercial bois de l'ONF, selon le procès-verbal de son audition. "J'ai d'ailleurs refusé de signer l'acte de vente qui ne me paraissait pas répondre complètement au déroulé normal de la procédure. Tous les collaborateurs ONF ont d'ailleurs refusé de signer alors que classiquement la vente de foncier de l'Etat est toujours co-signée de l'ONF", a affirmé ce cadre de 61 ans, salarié de l'Office depuis 1975.
"Je rappelle que c'est interdit"
Dans une note du 22 juillet 2009, Bernard Gamblin avait déjà fait part d'un "avis totalement défavorable" de l'ONF, s'inquiétant que la cession entraîne le "démantèlement d'un patrimoine historique d'une très grande valeur". "On ne peut aliéner une forêt, sauf par une déclaration d'utilité publique ou par voie d'échange", a-t-il réaffirmé le 10 juin aux enquêteurs, qui l'interrogeaient sur cet avis consultatif. "Quand on m'annonce en l'espèce que c'est une vente sèche qui est envisagée, je rappelle que c'est interdit."
Malgré cet avis, Eric Woerth devait informer le président de la Société des Courses de Compiègne, Antoine Gilibert, du feu vert de l'Etat, dans un courrier du 29 octobre 2009. Un accord contesté par Pascal Viné, directeur de cabinet du ministère de l'Agriculture, dans une lettre du 17 novembre. L'Agriculture acceptait finalement cette vente en mars 2010, en exigeant de récupérer le produit de la transaction afin d'acquérir d'autres forêts, "après déduction de 15% au bénéfice du désendettement de l'Etat", selon un rapport de février 2011 de la sénatrice PS Nicole Bricq.
Pour l'avocat de l'ancien ministre, Jean-Yves Leborgne, la signature de l'ONF n'était pas nécessaire pour cette vente dès lors que son autorité de tutelle, le ministère de l'Agriculture, avait finalement apporté son soutien à cette transaction. Mais pour les parties civiles, l'absence de feu vert de l'établissement gérant les forêts publiques est un élément de plus pour caractériser l'irrégularité de la vente.
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