jeudi 15 septembre 2011

Statut des cheminots : NKM brise un tabou

Les syndicats de la SNCF en sont convaincus depuis des années : le gouvernement, par un lent travail de sape, vise à mettre fin au statut des cheminots, et à transformer le géant du rail français en une entreprise comme les autres. A la manière de ce qu'ont connu, par exemple, les PTT... Une perspective perçue comme un épouvantail par de nombreux cheminots. La SNCF a déjà perdu la gestion de ses propres infrastructures, confiée à Réseau Ferré de France, entreprise privée. Après cette partition de fait, les syndicats voient d'un très mauvais oeil l'arrivée de la concurrence. Et dans ce contexte, reconnaît aujourd'hui dans les colonnes du Parisien la ministre de tutelle du groupe public, Nathalie Kosciusko-Morizet, le statut des agents de la SNCF "est clairement un des sujets de discussions".
"Je n'ai pas d'a priori mais une chose est certaine, notre système ferroviaire a des avantages compétitifs considérables, souligne la ministre. Tout le monde en est convaincu, y compris les personnels sous statut, poursuit-elle. Ce n'est pas la peine de faire l'autruche, la concurrence arrive."
"Inacceptable"
Le statut des agents de la SNCF, distinct de celui des fonctionnaires, leur assure entre autres un régime particulier de retraite. Au début de l'année, Nicolas Sarkozy avait émis le souhait de voir l'ouverture du marché ferroviaire réalisée dans "un cadre social harmonisé". Une perspective que l'Association française du rail (AFRA), qui représente les nouveaux entrants privés, avait alors jugée "inacceptable". C'est pourtant cette même expression qui est reprise aujourd'hui par Nathalie Kosciusko-Morizet, qui souhaite qu'un même cadre soit bientôt serait applicable à la SNCF comme aux nouveaux entrants sur ce marché.
Nathalie Kosciusko-Morizet a de nouveau plaidé pour ce cadre harmonisé mercredi. "L'ouverture à la concurrence est une réalité, on doit faire face", a-t-elle expliqué. "Mais il ne faut pas qu'elle dégénère en concurrence sociale". Elle a rappelé avoir confié au Conseil économique et social une mission sur le sujet, mission dont elle attend les résultats dans les mois à venir.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Ok.... c'est donc la guerre.