C'est un photographe de l'Agence France Presse se trouvant sur place qui a donné l'information : un journaliste français a été tué mercredi alors qu'il se trouvait en reportage à Homs, dans le centre de la Syrie. L'information a été rapidement confirmée à Paris : le journaliste tué est Gilles Jacquier, grand reporter à France 2, a annoncé la chaîne de télévision française. Il y aurait en outre entre six et huit autres morts, selon deux autres sources.
Selon le photographe, un obus est tombé sur un groupe de journalistes qui se trouvait en reportage dans cette ville, haut lieu de la contestation. Il s'agit du premier journaliste occidental tué en Syrie depuis le début de la révolte contre le régime, le 15 mars. Outre le journaliste français tué, un journaliste belge aurait été blessé à un oeil, a précisé pour le photographe de l'AFP.
Cette attaque aurait fait au total huit morts et 25 blessés, selon la télévision syrienne Addounia. Auparavant, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait annoncé la mort d'un "journaliste occidental" sans plus de détail. "Des obus sont tombés entre les quartiers de Akrama et Al-Nouzha où se trouvait un groupe de journalistes. Un journaliste occidental a été tué ainsi que six Syriens. Il y a eu des blessés", avait précisé l'OSDH. Le ministère de l'information syrien a indiqué qu'il était au courant d'un incident impliquant des journalistes étrangers à Homs mais qu'il n'avait pas d'autres détails.
Prix Albert-Londres
Gilles Jacquier était grand reporter à France 2 depuis 1999. Il a couvert la guerre en Irak, en Afghanistan, au Kosovo et en Israël. Il a réalisé de nombreux reportages pour Envoyé Spécial. Il avait débuté à France 3 Lille en 1991, avant de passer à la rédaction nationale de France 3 en 1994. Il avait obtenu le prix Albert-Londres en 2003 avec Bertrand Coq, également grand reporter à France 2, pour un reportage réalisé pendant la deuxième Intifada et l'opération Rempart menée par l'armée israélienne en avril 2002.
Homs est un des foyers de l'insurrection contre le régime du président syrien Bachar al-Assad. La répression de la contestation a fait, selon une estimation de l'ONU, plus de 5.000 morts. Le groupe de journalistes se trouvait à Homs dans le cadre d'un voyage autorisé par le régime syrien qui limite les déplacements des médias étrangers en Syrie.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), L'OSDH a demandé l'ouverture d'une enquête indiquant qu'il ignorait l'origine de ces tirs, alors que les militants dans la ville ont accusé les autorités.
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