samedi 14 janvier 2012

Soupçons sur l'IGS : le préfet de police de Paris se défend

Qu'est-il reproché à la "police des polices" ? L'IGS est accusée d'avoir truqué une enquête en 2007 pour écarter Yannick Blanc, patron de la police générale marqué à gauche. Trois fonctionnaires, qui avaient un temps été mis en examen pour des soupçons de fraude au titre de séjour avant d'être blanchis, ont déposé six plaintes qui sont actuellement en cours d'instruction à Paris. Deux de ces plaintes pour "faux en écriture publique par dépositaire de l'autorité publique", déposées par Yannick Blanc et le fonctionnaire Dominique Nicot, visent des comptes rendus de synthèse de l'IGS qu'ils soupçonnent d'être des faux. Dans ce cadre, le commandant de police Jean-Pierre Delcher, "signataire apparent" des rapports, a été mis en examen en décembre.
Une autre plainte, déposée par l'officier de sécurité de l'ancien ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant pour des violences présumées pendant sa garde à vue à l'IGS en 2007, a donné lieu à une enquête "proche de la clôture après investigations approfondies", selon le procureur de Paris. Une autre enquête pour violation du secret de l'instruction a été ouverte après une plainte de Bruno Triquenaux, qui travaillait pour Yannick Blanc en tant que chef du bureau des affaires réservées. Dans cette enquête, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, a été entendu comme témoin assisté en tant que signataire de la lettre de suspension de ce fonctionnaire.

Michel Gaudin, préfet de police de Paris, récuse tout motif politique. "Je n'ai jamais eu accès aux procédures judiciaires de l'IGS", explique-t-il dans un entretien au Monde daté de samedi. "Je n'appartiens à aucun clan", a-t-il ajouté, en niant que l'enquête de l'IGS ait visé Yannick Blanc qui "n'a quitté ses fonctions qu'en janvier 2008". Ce haut fonctionnaire, proche de
Nicolas Sarkozy, a récusé tout motif politique à un départ qui "aurait pu intervenir bien plus tôt et sans aucune contrainte de procédure, M. Blanc occupant un poste de haut fonctionnaire à la discrétion du gouvernement". Michel Guéant assure également que les investigations de l'IGS concernant Yannick Blanc sont intervenues "une dizaine de jours avant (son) installation" à la préfecture de police de Paris, le 11 juin 2007. Il explique également avoir toujours été "au service de l'Etat", et s'"honore d'être un ami de Nicolas Sarkozy". "Mais citez-moi un préfet de police qui n'aurait pas été un proche du président de la République?", ajoute-t-il.

La contre-attaque de Claude Guéant. Bruno Leroux, porte-parole de François Hollande, a accusé mercredi le ministre de l'Intérieur actuel d'être "au coeur" d'une manipulation au sein de l'IGS. "Je n'ai rien à voir avec cette histoire", a répliqué Claude Guéant lors des questions d'actualité au Sénat, en reprochant à la gauche de chercher à "déstabiliser des ministres" à des fins électorales. "Je demande au Garde des sceaux de poursuivre en diffamation monsieur Bruno Le Roux. Il y a des limites à tout. Il y a des choses qui sont insupportables", a-t-il ajouté.

Bruno Le Roux lui a immédiatement répondu qu'il n'était "pas question de céder à l'intimidation. Depuis hier nous lui demandons des explications que ni à l'Assemblée, ni au Sénat il ne donne". Le député a réaffirmé qu'il y avait soit un système où les policiers mis en cause "ont agi parce qu'on leur a demandé", soit "une ambiance qui été créée qui leur permettait de faire cela." Bruno Le Roux a souligné que
Claude Guéant avait successivement dirigé la police, puis le cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur et enfin le secrétariat général de l'Elysée.
http://lci.tf1.fr/france/justice/soupcons-sur-l-igs-le-prefet-de-police-de-paris-se-defend-6934964.html

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