jeudi 12 janvier 2012

Les deux indéfectibles fidèles de DSK

David Roquet, 43 ans, et Fabrice Paszkowski, 44 ans, ce sont un peu les Dupond et Dupont de l'affaire du Carlton. Tous deux entrepreneurs, francs-maçons, relations de l'homme du Carlton René Kojfer, et surtout, soutiens indéfectibles de Dominique Strauss-Kahn, dont ils sont les amis fascinés.
Tous deux sur la même ligne, aussi, depuis leur arrestation mi-octobre. Une ligne qui n'a pas bougé d'un iota : oui, ils admettent avoir participé à des parties olé olé avec l'ancienne idole de la gauche. Oui, ils ont emmené des prostituées que René Kojfer leur a présentées. Oui, ils les ont rémunérées. Mais non, DSK n'était pas au courant de l'origine de ces femmes, ni de leur rémunération.

« Rien de sérieux contre DSK »
Ils estiment d'ailleurs payer cher leur fidélité à l'ancien patron du FMI, qu'ils refusent de charger. Incarcérés depuis le 14 et le 21 octobre, Roquet et Paszkowski ont encore vu hier s'envoler leurs rêves de libération. Après leur audition par les juges en décembre, ils pensaient emboîter le pas de Francis Henrion et Hervé Franchois, les dirigeants du Carlton. Même Dodo la Saumure, le sulfureux proxénète de Tournai, respire désormais le parfum de la liberté.

Mais la cour d'appel de Douai a confirmé hier leur maintien en détention, fondé sur « de sérieux éléments permettant de les impliquer dans le réseau organisé de proxénétisme implanté sur le secteur lillois, lequel est en lien avec le réseau de proxénétisme international tenu par Dominique Alderweireld ». Mais aussi, sur les risques de concertation et le trouble à l'ordre public « particulièrement grave » causé par l'affaire. « C'est une iniquité par rapport aux autres mis en examen, la détention ne se justifie plus ! », déplore Me Karl Vandamme, l'avocat de Paszkowski, qui estime qu'il n'y a « aucun risque de concertation puisque tout le monde a déjà été entendu ». Me Alice Cohen-Sabban, qui plaidait hier pour David Roquet, est du même avis : « De toute façon, les déclarations des uns et des autres sont classées au dossier d'instruction. »


Les notes de frais de Roquet validées à Paris ?
Les juges espèrent-ils que leur incarcération ébranlera leur soutien à l'ancien patron du FMI ? « Il y a une obsession DSK, mais il n'y a rien de sérieux contre lui dans le dossier », martèle Karl Vandamme. Même si Le Point révélait hier que l'analyse d'un téléphone de Fabrice Paszkowski avait permis de chiffrer à dix le nombre de prostituées rabattues vers DSK, les deux entrepreneurs n'en démordent pas : cela ne prouve rien. « On peut lui reprocher d'avoir commandité des prostituées mais ça va être difficile à démontrer », souffle une source proche du dossier, qui veut croire que la probabilité d'une audition de DSK s'éloigne : « Les juges ne le convoqueront que s'ils sont sûrs de leur coup », Or, aux dires des défenseurs des deux amis de DSK, la qualification d'abus de biens sociaux (ABS) - qui pourrait mener les juges à inculper DSK de recel d'ABS - aurait du plomb dans l'aile.
D'abord, parce que le délit ne peut techniquement être reproché à David Roquet, en raison de la forme juridique de la société qu'il dirigeait, Matériaux enrobés du Nord (filiale d'Eiffage), qui est une société en nom collectif. D'ailleurs, Roquet n'est plus mis en examen pour ABS... Et sa défense continue de clamer que la direction du groupe de BTP a implicitement couvert ses dépenses : « Les notes de frais où était parfois inscrite la mention "DSK", n'ont pas été validées au niveau régional, mais bien au niveau de la branche travaux publics, à Paris », précise Me Cohen-Sabban.
En ce qui concerne Fabrice Paszkowski, Me Vandamme précise qu'« il a presque tout payé de sa poche, au titre des frais qu'il engageait pour les marchés qu'il rapportait aux sociétés dont il était agent commercial. Il est allé six fois aux États-Unis pour son boulot en un an et demi, dont trois fois seulement où il a vu DSK. Une seule facture a été réglée par sa société ». Il s'agirait d'une note de l'ordre de 5 000 E facturée par la société lensoise d'événementiel de Virginie Dufour, l'ex-femme de Fabrice Paszkowski.
De tout cela, les deux copains reparleront avec les juges : Roquet s'expliquera de nouveau le 25 janvier, et Paszkowski le 31. Entre-temps, l'entremetteur René Kojfer aura lui aussi précisé sa version aux magistrats, qui doivent l'entendre mardi prochain.
http://www.nordeclair.fr/Actualite/2012/01/12/les-deux-indefectibles-fideles-de-dsk.shtml

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