mardi 13 décembre 2011

Syrie : la France rejette la faute "morale" sur le Conseil de sécurité

"C'est l'exposé le plus épouvantable que nous ayons entendu devant ce Conseil depuis au moins deux an." Présent au moment du discours de Navi Pillay, la haut commissaire aux droits de l'homme de l'Onu, lundi, l'ambassadeur de France aux Nations Unies Gérard Araud ne manquait pas de mots pour décrire la situation en Syrie, à la fois "épouvantable" et "effroyable".

Devant le Conseil de sécurité de l'Onu, Navi Pillay a affirmé que "probablement plus de" 5000 personnes étaient mortes en Syrie depuis le début de la répression du mouvement de contestation au régime en mars dernier. Et pour Gérard Araud, le principal responsable se trouvait dans la salle. Coupable désigné ? Le Conseil de sécurité qui est "moralement responsable de ce qui se passe en aujourd'hui en Syrie". "La France et d'autres membres du Conseil de sécurité considèrent que le silence du Conseil est un scandale", a déclaré l'ambassadeur français (voir vidéo ci-contre).

Un scandale lié à "l'opposition de certains membres" et à "l'indifférence des autres". Un double veto de la Russie et de la Chine, tous deux membres permanents du Conseil de sécurité, a empêché l'adoption d'une résolution visant à "exercer une pression sur les autorités syriennes" le 4 octobre dernier. Depuis, la Russie, très proche du gouvernement de Bachar al-Assad, campe sur sa position et a fait savoir qu'elle ne changerait pas d'avis. Bien que son ambassadeur à l'Onu ait reconnu être troublé par le rapport de Navi Pillay.

Une situation "intolérable"

Les propos de Gérard Araud ont été relayés dans la soirée par ses homologues allemand et britannique. "Nous pensons maintenant que le conseil de sécurité de l'Onu doit agir", a demandé l'ambassadeur britannique à l'Onu Mark Lyall Grant. "Il est intolérable que le Conseil soit condamné à demeurer silencieux" a affirmé l'ambassadeur allemand Peter Wittig. Les Etats-Unis, via la voix de leur ambassadrice adjointe Rosemary DiCarlo, ont jugé "incroyable que le Conseil de sécurité n'ait pas parlé ces derniers mois".

Du côté de la Syrie, on estime que la réunion de lundi fait partie d'une "immense conspiration concoctée contre la Syrie depuis le départ" et que Navi Pillay n'aurait jamais dû pouvoir s'exprimer devant le Conseil de l'Onu. Après son ambassadeur Bashar Ja'afari, c'est le gouvernement de Bachar al-Assad qui s'est exprimé. Rappelant que le pays organisait des élections municipales lundi prochain. Une première étape, selon lui, d'un processus démocratique qui doit conduire à l'organisation de législatives l'an prochain.

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