dimanche 18 décembre 2011

Mort de Vaclav Havel, l'homme de la "Révolution de velours"

L'ex-président tchèque Vaclav Havel, longtemps éloigné de la vie publique à cause de sa maladie, est mort dimanche à l'aube à l'âge de 75 ans. L'artisan de la "Révolution de velours" anti-communiste de 1989 et chef de l'Etat tchécoslovaque puis tchèque de 1989 à 2003 s'est éteint dans son sommeil, selon sa porte-parole Sabina Tancevova.

Pour le romancier tchèque Milan Kundera "La vie de Vaclav Havel ressemble vraiment à une œuvre d'art". Personnalité de légende, Vaclav Havel est l'un des témoins charismatiques d'une époque révolue et le principal acteur de la transition vers la démocratie en Tchécoslovaquie. Dramaturge et dissident célèbre, il dirige le pays pendant 13 ans. D'abord en tant que président de la Tchécoslovaquie puis de la République tchèque. Il quitte le pouvoir en 2003 à la suite de problèmes de santé. Il se tourne alors vers l'écriture.

Ce fils de grand bourgeois est né le 5 octobre 1936 à Prague. Il est empêché d'étudier au nom de la lutte anti-bourgeoise du régime communiste arrivé au pouvoir en 1948. Attiré par le théâtre, il exerce tous les métiers liés à sa passion : accessoiriste, éclairagiste, et enfin dramaturge. Après l'écrasement en août 1968, par les chars soviétiques, du Printemps de Prague, ses œuvres sont interdites.

10e président tchécoslovaque
Il refuse d'émigrer, et poursuit son travail d'écrivain et ses activités dissidentes. En 1977, Vaclav Havel est l'instigateur de "la Charte 77", un manifeste pour le respect des droits de l'homme qui a un énorme retentissement à l'étranger. Porte-parole du mouvement, il est constamment inquiété par les autorités et en juin 1979, il commence un long séjour en prison qui ne s'achève qu'en février 1983.

Vaclav Havel entre dans l'Histoire en novembre 1989, à la tête de la "Révolution de velours" qui renverse pacifiquement le régime communiste au pouvoir, après son abandon par l'URSS de Mikhaïl Gorbatchev. Son rôle modérateur va le mettre au premier plan. Le 29 décembre 1989, il devient le 10e président de la Tchécoslovaquie.

Devenu chef d'Etat alors que rien ne l'y prédisposait, il se transforme en homme de pouvoir et l'exerce avec panache. Grand admirateur de
Samuel Beckett, son goût prononcé pour l'autodérision et l'absurde en font un président philosophe toujours un peu décalé. Il est "le sage" installé au Château de Prague (la présidence) qui connaît l'âme humaine et soigne ses discours : "J'essaie de les écrire comme de petits poèmes : ils se doivent d'avoir un début, un énoncé et une fin, une mélodie, du jus et de l'emphase", précise t-il. Il bénéficie d'une aura internationale, même si sur le plan intérieur, les Tchèques sont plus critiques. Aucun de ses successeurs ne pourra se prévaloir par la suite de son autorité et de l'immense respect dont il jouit à l'étranger.

Inéluctable partition
Au cours de ses deux mandats, le président supervise la transition radicale de son pays vers une démocratie apaisée et une économie de marché performante. Il fait entrer son pays dans l'Otan en 1999 et dans l'Union européenne depuis 2004. Symboliquement, il présente des excuses aux Allemands des Sudètes pour leur expulsion de la Tchécoslovaquie après la Seconde guerre mondiale.

Son seul échec, est de n'avoir pas réussi à empêcher la partition du pays. Ses appels à l'organisation d'un référendum sont rejetés. En juillet 1992, il démissionne de son poste. Mais en janvier 1993, il est de nouveau élu à la présidence de la nouvelle République tchèque. Le 2 février 2003, après treize ans passés à la tête du pays, il quitte le pouvoir pour des raisons de santé. Une pneumonie mal soignée en prison, au début des années 1980, et un cancer du poumon sont à l'origine de ses problèmes.

L'homme est un bon vivant, fumeur invétéré et amateur de bon vin. Il avoue "un grand penchant pour les femmes". Son second mariage en 1997 avec
Dagmar Veskrnova, une actrice célèbre, quelques mois après la mort d'Olga sa femme et compagne de lutte, fait jaser. Rattrapé en mars 2011 par ses problèmes ulmonaires, il est resté hospitalisé deux semaines. Rentré chez lui, il est toujours sous la surveillance de médecins et d'infirmières. http://lci.tf1.fr/biographies/vaclav-havel-6572351.html

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