«Bureau exceptionnellement fermé », dit un modeste petit papier collé sur la porte vitrée de la poste d'Ambès. Hier, en début d'après-midi, une Ambésienne venue retirer de l'argent au distributeur automatique de cette même agence postale donne l'explication : « Elle a été cambriolée ce matin, vient de me dire la voisine. Il paraît qu'il y a eu ensuite plein de gendarmes. »
La version est incomplète, car les auteurs de l'attaque à main armée ont ensuite pris en otage la postière. Ils l'ont forcée à s'installer dans sa voiture personnelle, qu'ils ont conduite jusqu'en limite des communes d'Ambès et de Saint-Louis-de-Montferrand. Là, ils s'enfoncent dans un chemin, abandonnent leur otage les yeux bandés et incendient la Renault Clio que cette dame avait achetée récemment. Un véhicule relais les attendait sans aucun doute à cet endroit.
La presque retraitée s'empresse de refaire le chemin en sens inverse et de prévenir sa hiérarchie et les gendarmes d'Ambarès. Les importants moyens de recherche déployés par les enquêteurs - avec chien, hélicoptère, patrouilles motorisées et pédestres - n'avaient toujours pas abouti hier soir. C'est la section de recherches qui est désormais saisie du dossier. Choquée, l'agent a consulté son médecin et bénéficie du dispositif post agression mis en place par La Poste. Un soutien psychologique.
Plusieurs milliers d'euros
Les malfaiteurs ont préparé leur coup, repéré sans aucun doute les habitudes de cette femme qui a passé l'essentiel de sa carrière - elle sera en retraite à la veille de Noël - à la poste d'Ambès. Seule en poste, elle arrive en voiture aux environs de 8 h 30 pour préparer l'ouverture une demi-heure plus tard. Et se stationne dans une cour par laquelle transitent les facteurs, les véhicules de La Poste.
Ce rituel est devenu cauchemar hier matin lorsque trois hommes armés et le visage dissimulé surgissent au moment où elle se dirige vers l'entrée réservée au personnel. La préposée fait ce qu'elle a à faire en pareille circonstance. Elle ouvre le coffre. Le butin est de plusieurs milliers d'euros.
Jean-Bernard, un des riverains les plus proches de la poste, est un témoin seulement auditif de la suite. « Il était entre 8 h 35 et 8 h 45 tout au plus lorsque j'ai vu la voiture de la postière démarrer comme un V1, raconte-t-il. J'ai pensé qu'elle avait oublié quelque chose chez elle, tout en restant étonné par sa vitesse. »
« Quand je suis parti de chez moi, à 9 heures, des gens attendaient devant l'entrée de la poste. J'ai tout compris lorsque ma femme m'a téléphoné pour me dire qu'il y avait eu un cambriolage. »
La suite interroge. Que les auteurs prennent la fuite en volant la voiture de la postière pour ne pas attirer l'attention sur eux peut encore s'expliquer. En revanche, son enlèvement laisse penser qu'ils auraient pu utiliser cette dame en otage dans le cas où les choses auraient mal tourné pour eux.
http://www.sudouest.fr/2011/12/15/braquee-puis-enlevee-581555-2728.php

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