Le conseil d'administration a ainsi approuvé lundi matin la vente de la filiale belge de Dexia à l'Etat belge pour quatre milliards d'euros. Il a par ailleurs demandé à l'administrateur délégué de Dexia, Pierre Mariani, d'engager des discussions en France avec la Caisse des dépôts et la Banque postale en vue d'un adossement des activités de financement des collectivités locales françaises. Le ministre luxembourgeois des Finances, Luc Frieden, a indiqué pour sa part qu'un groupe d'investisseurs liés à la famille royale du Qatar compte acquérir la branche luxembourgeoise de la banque en crise, Dexia BIL, présente dans la banque de détail et la gestion d'actifs. Quant aux quelques 600 employés de la holding Dexia SA, structure de tête de la banque franco-belge, ils se verront offrir un reclassement dans l'une des filiales du groupe. "Selon leur situation géographique", ces salariés pourront intégrer la filiale belge Dexia Banque Belgique, la filiale française Dexia Crédit Local ou Dexia BIL.
Des discussions dans l'urgence
Dans le cadre du nouveau plan de sauvetage de Dexia, déjà sauvé de la faillite en 2008 grâce à un renflouement public de plus de six milliards d'euros, la Belgique, la France et le Luxembourg ont conclu d'apporter 90 milliards d'euros de garanties publiques à l'ancien leader mondial du financement des collectivités locales. "Les Etats sont convenus de se répartir cette garantie dans des proportions identiques à celles de 2008, soit 60,5% pour la Belgique, 36,5% pour la France et 3% pour le Luxembourg", a fait savoir Matignon. Un consortium chargé du financement des collectivités locales françaises sera également créé et constitué par la Caisse des dépôts et la Banque postale, ont fait savoir les services de François Fillon.
Son homologue belge, Yves Leterme, a indiqué lors d'une conférence de presse que Dexia allait immédiatement payer une prime de 50 points de base en contrepartie de ces garanties publiques. Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a souligné lors de cette même conférence de presse que l'Etat belge n'avait toutefois pas vocation à rester éternellement au capital de DBB.
Le démantèlement de Dexia, qui apparaissait de plus en plus inévitable depuis une semaine, a été en fait définitivement acté ce week-end : c'est dimanche dans la matinée, avant la réunion du conseil d'administration extraordinaire de Dexia, que François Fillon avait rencontré son homologue belge à Bruxelles, ainsi que le ministre luxembourgeois des Finances, afin de trouver un accord sur les modalités et la participation de chacun des trois Etats. L'accord a ensuite été approuvé par les administrateurs de Dexia qui ont discuté du plan de sauvetage pendant près de douze heures. L'enjeu pour les trois Etats participant au plan était d'éviter que l'aide à Dexia ne vienne aggraver la situation de leurs finances publiques. L'agence de notation Moody's avait d'ailleurs accru la pression sur le camp belge vendredi soir : elle avait placé la note souveraine Aa1 du royaume sous surveillance en expliquant entre autres vouloir évaluer les coûts et les passifs que l'Etat pourrait assumer en soutenant Dexia.
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