jeudi 6 octobre 2011

Espérance de vie : un fossé sépare les cadres et les ouvriers

L'espérance de vie progresse dans l'hexagone. Les Français ont gagné plus de cinq ans d'espérance de vie en un quart de siècle et les Françaises plus de quatre, mais les inégalités sociales face à la mort sont loin d'avoir disparu, montre mercredi une étude de l'Insee. Cette évolution de l'espérance de vie a profité presqu'uniformément à toutes les catégories sociales et n'a donc pas permis de combler les inégalités. Puisqu'il existe un écart persistant: celle qui sépare les catégories sociales en matière de risque de mourir précocement. "Pour les hommes comme pour les femmes, ce risque est plus élevé pour les ouvriers que pour les cadres."
Et cette différence est loin d'être négligeable puisque chez les hommes de 35 ans, le risque de mourir avant 60 ans est de 13% pour les ouvriers, contre 6% chez les cadres. "Un ouvrier sur deux n'atteindrait pas 80 ans, contre un cadre sur trois", ajoute l'Insee. Si un cadre de 35 ans peut espérer vivre 47,2 années supplémentaires, soit jusqu'à un peu plus de 82 ans, l'espérance de vie au même âge n'est que de 40,9 ans en moyenne pour un ouvrier au même stade de sa vie. Soit un écart de six ans et quatre mois. Le fossé est un peu moins large pour les femmes (trois ans de plus pour les cadres) mais il s'est à peine réduit depuis le milieu des années 1970, précise l'étude.
Les causes de ces inégalités sont multiples et se cumulent, des conditions de travail pénibles (risques d'accidents ou de maladies professionnels, saleté, produits toxiques) aux écarts de revenus en passant par les différences de mode de vie. Ces facteurs n'empêchent pas les femmes de conserver une espérance de vie nettement supérieure à celle des hommes, et ce quelle que soit leur catégorie sociale. Au point, note l'étude, que les ouvrières, "les femmes les moins favorisées en termes d'espérance de vie", vivent en moyenne un an et demi de plus que les hommes cadres.

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