lundi 5 septembre 2011

Procès Chirac : et maintenant ?

Dans la lettre envoyée vendredi au président du tribunal, à laquelle était jointe son dossier médical, Jacques Chirac indique "son souhait de voir le procès aller à son terme" même s'il "n'a plus l'entière capacité de participer au déroulement des audiences", selon le communiqué de ses avocats. Il sollicite "que ses avocats puissent le représenter et porter sa voix durant ces audiences" (lire notre article : Chirac, trop vulnérable pour assister à son procès ? ). L'audience doit débuter ce lundi. Que pourrait décider la justice ?
Poursuite du procès sans Jacques Chirac. Le tribunal peut accéder à la demande de l'ex chef de l'Etat, selon l'article 411 du code de procédure pénale qui dit que "le prévenu peut, par lettre adressée au président du tribunal et qui sera jointe au dossier de la procédure, demander à être jugé en son absence en étant représenté au cour de l'audience par son avocat".


Demande de contre-expertise médicale. Avant de se décider, le tribunal peut demander une contre-expertise médicale. Jérôme Karsenti, avocat de l'association Anticor, partie civile au procès, estime que les résultats pourraient être connus très rapidement et que s'ils contredisaient le dossier médical envoyé par Jacques Chirac, "le tribunal pourrait exiger sa comparution".
Procès renvoyé. L'article 411 prévoit que "si le tribunal estime nécessaire la comparution personnelle du prévenu, il peut renvoyer l'affaire à une audience ultérieure en ordonnant cette comparution. Le procureur de la République procède alors à une nouvelle citation du prévenu". Un arrêt du 5 juin 1997 de la chambre criminelle de la Cour de cassation dit en outre que si l'état de santé du prévenu "le prive de l'exercice de ses facultés intellectuelles et l'empêche de communiquer avec son avocat", il y a lieu de "surseoir à statuer jusqu'à ce qu'il soit justifié que l'état de santé du demandeur lui permette de présenter sa défense (...)". Cet arrêt portait cependant sur le cas d'un prévenu qui, après un accident vasculaire cérébral, "était atteint d'une hémiplégie avec aphasie complète et trouble des fonctions intellectuelles", qui "ne pouvait ni parler ni écrire" et dont les avocats assuraient qu'ils ne pouvaient assurer sa défense "faute de pouvoir communiquer avec lui". Ce qui n'est pas le cas de Jacques Chirac.

Quid des neuf coprévenus ? Si le procès était renvoyé pour Jacques Chirac, qu'en serait-il de ses neuf coprévenus? Le tribunal peut décider de renvoyer le procès de l'ancien chef de l'Etat mais de juger ses coprévenus, ou un renvoi général s'il estime que les autres ne peuvent pas être jugés sans lui. Car "quelle est l'équité du procès que l'on ferait à ceux qui restent?", s'interrogeait Me Jean-Yves Le Borgne, avocat de Rémy Chardon, ex-directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris.

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