lundi 12 septembre 2011

Il lance des accusations contre la chiraquie : qui est Robert Bourgi ?

C'est l'homme de l'ombre de la Françafrique, surgi dimanche en pleine lumière. Dans le JDD, cet homme de 66 ans, né au Sénégal dans une famille de commerçants libanais, a rompu avec la discrétion consubstancielles à ses activités en lançant de graves accusations contre la chiraquie. Il met en cause l'ancien président et son ancien Premier ministre Dominique de Villepin dans une affaire de financements occultes en provenance d'Afrique. Robert Bourgi, avocat, dit avoir été chargé de transferts de fonds entre plusieurs chefs d'Etat africains et l'Elysée sous la présidence de Jacques Chirac et être ainsi le "porteur de valises de billets". Il évoque des sommes de plusieurs dizaines de millions, ayant notamment servi à financer la campagne de Jacques Chirac pour la présidentielle de 2002.
Son "maître" Jacques Foccart, père de la Françafrique, lui conseillait de "rester à l'ombre pour ne pas attraper de coup de soleil". Pourquoi a-t-il manqué, cette fois, à ce précepte ? Il explique en avoir "assez des donneurs de leçons", visant Dominique de Villepin. "Il m'a chassé. Oui, il m'a déçu", dit-il de celui dont il assure avoir été proche pendant des années. Surtout, "je veux tourner la page du passé, un passé dont je ne suis pas très fier", a assuré ce proche de plusieurs chefs d'Etat africains sur RTL.

Des mallettes débordantes de billets, il admet en avoir remis des palanquées au président Jacques Chirac ou à son secrétaire général. "Mais vous n'empêchez pas ma conscience d'être agitée, j'étais troublé, j'en ai eu honte. De quoi persuader ceux qui voient en lui un des "grands serviteurs" de la France et un "grand connaisseur de l'âme africaine", comme l'avait qualifié le président Nicolas Sarkozy en lui remettant, le 27 septembre 2007, les insignes de la Légion d'honneur.
"Un mercenaire uniquement préoccupé par son bien-être"
Mais l'explication du remords pourrait être jugée courte par les conseillers élyséens qui, selon des documents diplomatiques diffusés via Wikileaks en décembre dernier, voyaient en lui "un mercenaire uniquement préoccupé par son bien-être". "Le premier objectif de Bourgi est de faire sa propre promotion en vue de son enrichissement personnel et il ne représente pas le gouvernement français", aurait confié un de ces conseillers. Un autre admettait cependant que cet homme au copieux carnet d'adresses, parlant aussi bien français, arabe que wolof,
"fournit de précieux conseils au gouvernement français sur le Sénégal, le Gabon, et le Congo-Brazzaville".
Autant de notations qui tracent de cet avocat inscrit au barreau de Paris depuis 1993, après des années d'enseignement du droit en Afrique, l'image d'un intermédiaire indispensable et embarrassant. "M. Bourgi connaît bien l'Afrique et ses dirigeants. A ce titre, il est utile dans la compréhension que nous avons de ce continent", expliquait en 2009 Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée. Mais "cela ne fait de lui ni notre agent, ni notre porte-parole". C'était le temps où M. Bourgi était sorti de la coulisse en commentant l'éviction en mars 2008 de Jean-Marie Bockel du ministère de la Coopération sur demande, selon lui, du chef de l'Etat gabonais Omar Bongo.
"J'agis en mon propre nom"
Mais en lâchant sa bombe dans le JDD, l'avocat, qui déclare dans le Who's Who s'intéresser à "de Gaulle, André Malraux et Napoléon", est allé très au-delà de ces incursions hors de l'ombre. Il se d'ailleurs dit prêt à répondre à la justice. A-t-il peur aujourd'hui de cette plongée dans le grand bain? "Mais pourquoi voulez-vous que j'ai peur? J'agis en mon nom propre", dit celui qui tient de Foccart qu'un "vrai secret ne s'échange qu'à deux. Jamais à trois".

http://lci.tf1.fr/politique/il-lance-des-accusations-contre-la-chiraquie-qui-est-robert-bourgi-6683779.html

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